La phytothérapie comme science maîtrisée des plantes par la chimie d’extraction

Au-delà des « remèdes de grand-mère », préparations chamaniques, herboristerie des apothicaires d’antan, aurait-on oublié d’où viennent les médicaments de synthèse qui ont envahi notre monde moderne ?
Par exemple savez vous que la prêle des champs et l’ortie peuvent vaincre la fatigue consécutive à une maladie infectieuse ? Ou bien que la réglisse soulage les inflammations et a un effet hypertenseur pour le système cardio-vasculaire ? Que l’échinacée restaure l’immunité et prévient les rechutes ? Enfin que le ginseng renforce la production d’anticorps et permet une meilleure récupération physique ? Les plantes sont des alliées de poids de la médecine moderne, pas seulement limitées aux « petites » maladies et à la « bobologie ».

Le développement de la pharmacologie de synthèse a permis de copier certains principes actifs particulièrement efficaces contenus dans les plantes et de produire des médicaments (comme l’aspirine, la quinine ou encore la pénicilline) accessibles au plus grand nombre. Leur rôle a été essentiel dans l’amélioration de la santé des populations.
Aujourd’hui la chimie de synthèse piétine (car elle ne fabrique plus de nouvelles molécules) alors que la chimie extractive (extraction de principes actifs de plantes ou autres substances naturelles comme le venin) avance à pas de géant depuis plus d’une vingtaine d’années.
Cette révolution est due à la découverte de nouvelles méthodes d’extraction de tous leurs principes actifs. C’est notamment le cas des extraits fluides de plantes fraîches standardisés (EPS), répondant à un cahier des charges extrêmement rigoureux et mis à la disposition des professionnels de la santé. En pratique, la plante est d’abord congelée, puis broyée à des températures négatives. Suit une multi-extraction de toutes les substances, solubles aussi bien dans l’eau que dans l’alcool. Cela donne un produit stable, cinq à quinze fois plus concentré en principes actifs qu’après une extraction traditionnelle.
Depuis le début des années 2000, trois à quatre références de ces nouveaux extraits enrichissent chaque année la panoplie de ces « médicaments naturels » capables de restituer au mieux le potentiel thérapeutique de la plante médicinale. Les 55 EPS actuellement disponibles peuvent être mélangés sous la forme d’une préparation magistrale « pour confectionner une variété phénoménale de traitements personnalisés ». Il est désormais possible d’y recourir pour soigner un nombre croissant de maladies.
Dans son livre « 100 questions sur la phytothérapie », le docteur Éric Lorrain apporte des réponses précises pour combattre plus de 80 troubles et maladies. Mais attention, ces « concentrés de principes actifs » doivent être prescrits par des spécialistes correctement formés. Pour les identifier, le mieux est de s’adresser à l’Institut européen des substances végétales, dont le siège est à Paris.
De nombreux compléments alimentaires offrent des synergies à base d’EPS dans des complexes liquides qui sont d’une grande biodisponibilité pour les organismes.

Peut-être pourrons nous voir de nouveau la reconnaissance de la phytothérapie ou de l’herboristerie d’antan comme science médicale mais déjà les puissants laboratoires pharmaceutiques investissent dans les recherches sur les dérivés de principes actifs de plantes ou de substances d’insectes pour créer de nouvelles molécules et ne pas perdre leur monopole mondial.